Chapter 4
Les Arènes
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Le Colisée sentait le sable et le sang.
Ce n'est pas une métaphore — c'est une odeur réelle, précise, impossible à confondre avec une autre. Le sable qu'on épandait sur le sol de l'arène après chaque spectacle pour absorber ce que les spectateurs venaient voir mais ne voulaient pas sentir. Le sang qui, malgré le sable, finissait toujours par trouver son chemin jusqu'à la pierre.
Livia attendait sous les gradins, dans un couloir voûté que les gladiateurs appelaient la gorge — parce que c'est par là que l'arène vous avale.
Elle n'était pas seule. Quatorze autres attendaient avec elle, assis ou debout contre les murs humides. Des hommes, des femmes, un garçon qui ne devait pas avoir plus de quinze ans et qui serrait les mains de sa mère avec une force qui blanchissait ses jointures. Personne ne pleurait. Pas encore. Les larmes viendraient plus tard, ou peut-être jamais — parfois la peur est si totale qu'elle assèche tout, même les yeux.
Au-dessus, le rugissement de la foule vibrait dans les pierres comme un animal vivant. Cinquante mille personnes attendaient le spectacle de midi.
Livia ferma les yeux. Non pas pour fuir, mais pour se souvenir. Le visage de son père. La voix de Maître Cornelius lisant les Écritures dans la lumière tremblante des catacombes. Le goût du pain rompu entre trente personnes qui savaient que partager un repas pouvait leur coûter la vie.
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